Nous Organiser Différemment
La manière dont nous nous organiserons et établiront des règles pour encadrer nos actions, jouera un rôle majeur dans la détermination de la question de savoir si nous sommes engagés sur des voies plus viables.
La bonne gouvernance nécessitera une réforme des processus décisionnels de manière à accroître les opportunités de participation du public, y compris un large éventail d'activités allant de l'écoute et de la consultation, en tant que parties intégrantes de l'évaluation de l'impact environnemental, à la cogestion des ressources naturelles. Sous sa forme la plus approfondie, la participation du public cherchera à impliquer la société civile dans toutes les étapes de planification, d'exécution et d'évaluation des politiques et des mesures. La participation du public peut:
- Aider à ouvrir de bonnes voies pour le développement durable
- Améliorer la compréhension et les relations
- Accroître l'envie de participer, aboutissant à une meilleure application des décisions
- Enrichir la communauté et bâtir le capital social
Réduire la corruption et l'abus de pouvoir à des fins de profits ou d'avantages personnels, est également nécessaire pour la réalisation du développement durable. De telles situations s'avèrent être extrêmement destructives car la corruption mène à la perte de l'intérêt du public et à la déstabilisation des marchés compétitifs. Elle amène les gouvernements à intervenir là où il ne devraient pas intervenir, et mine leur capacité à élaborer et à mettre en application des politiques dans les domaines où leur intervention est indispensable- qu'il s'agisse de régulations environnementales, sanitaires ou sécuritaires, de couverture sociale, de stabilisation macroéconomique ou de mise en application de contrats. 1
Nous gérons l'économie de nos pays à travers un éventail complexe de régulations, de lois et de mesures d'incitation du marché. Malheureusement, les structures fiscales, les compensations financières versées aux producteurs, le soutien des prix et autres mesures de ce genre, jouent un rôle pervers qui exerce des effets préjudiciables à la fois à l'économie et à l'environnement. De telles mesures sont également souvent régressives du point de vue de la répartition, profitant, la plus part du temps, aux plus riches ¾ souvent les groupes d'intérêt politiques ¾ tout en épuisant le budget public. Comme bien noté dans de récentes études menées par le Earth Council et l'Institut International du Développement Durable, le monde est en train de dépenser près de $1.5 trillion chaque année pour subventionner sa propre destruction. 2 Ce chiffre est deux fois supérieur aux dépenses militaires mondiales annuelles, et quasiment deux fois supérieur à la croissance économique mondiale annuelle. La suppression, ne serait-ce que d'une partie de ces subventions perverses, sera un grand stimulus pour le développement durable.
1. World Bank, "Helping countries combat corruption: The role of the World Bank," Anti-corruption knowledge resource center, (http://www.worldbank.org/html/extdr/corruptn/corrptn.pdf) (September 1997)
2. See The Van Lennep Programme on Economics and Sustainable Development (http://www.ecouncil.ac.cr/econ/) and Norman Myers, Perverse subsidies: Tax $s undercutting our economies and environments alike, Winnipeg: IISD, 1998, (http://iisd.ca/pdf/perverse_subsidies.pdf) |